Vous envisagez de devenir orthophoniste à 40 ans et vous vous demandez si ce projet est réaliste, financièrement viable et compatible avec votre vie personnelle ? La réponse est oui, à condition de bien anticiper la durée des études, les modalités d’admission, les financements et la réalité du métier. Ce guide vous donne les clés pour transformer cette ambition en projet concret, étape par étape, sans faux-semblants.
Comprendre le métier d’orthophoniste quand on se reconvertit à 40 ans

Avant de reprendre plusieurs années d’études, il est essentiel de savoir précisément en quoi consiste le métier d’orthophoniste aujourd’hui. À 40 ans, vos attentes professionnelles, votre équilibre de vie et vos contraintes ne sont pas les mêmes qu’à 20 ans. Cette partie vous aide à vérifier que la réalité du terrain correspond bien à vos motivations profondes.
Ce que fait concrètement un orthophoniste au quotidien, au-delà des idées reçues
L’orthophoniste ne travaille pas uniquement sur la prononciation des enfants. Son champ d’intervention est bien plus vaste : troubles du langage oral et écrit, difficultés de déglutition, troubles de la voix, problèmes de communication ou encore rééducation cognitive après un AVC. Une journée type comprend des bilans d’évaluation qui durent entre une et deux heures, des séances de rééducation de 30 à 45 minutes, la rédaction de comptes rendus détaillés et des échanges réguliers avec les médecins, enseignants ou psychologues.
Vous ne serez jamais seul face à vos patients : l’orthophonie s’inscrit dans une dynamique de soin pluridisciplinaire. Cette dimension collaborative peut particulièrement séduire ceux qui viennent d’univers professionnels où l’isolement était pesant. En revanche, attendez-vous à une charge mentale importante, car chaque patient nécessite une approche personnalisée et un suivi attentif sur plusieurs mois, voire années.
Conditions d’exercice, salaires et perspectives pour une orthophoniste en reconversion
En France, environ 80% des orthophonistes exercent en libéral, seuls ou en cabinet de groupe. Les autres travaillent en milieu hospitalier, dans des centres de rééducation, des EHPAD ou des établissements scolaires. Le choix du statut a un impact direct sur votre rémunération et votre organisation.
| Mode d’exercice | Revenus moyens | Avantages | Contraintes |
|---|---|---|---|
| Libéral débutant | 1 800 à 2 500 € nets/mois | Autonomie, choix des horaires | Charges, installation coûteuse, patientèle à construire |
| Libéral confirmé | 3 000 à 4 500 € nets/mois | Revenus confortables, liberté | Gestion administrative lourde |
| Salarié hospitalier | 2 000 à 2 800 € nets/mois | Sécurité, équipe, matériel fourni | Horaires imposés, moins d’autonomie |
Les besoins en orthophonistes restent importants partout en France, avec des tensions particulières dans les zones rurales et certains quartiers urbains. Si vous acceptez de vous installer dans ces territoires, vous trouverez rapidement une patientèle. Cette réalité du marché est rassurante pour une reconversion à 40 ans : vous ne risquez pas de rester sans activité une fois diplômé.
Avantages et contraintes du métier quand on change de voie plus tard
Le principal avantage, c’est le sens. Beaucoup de personnes en reconversion citent le besoin de se sentir utiles, de voir concrètement les progrès de leurs patients. Cette dimension relationnelle forte peut combler un manque ressenti dans une première carrière plus technique ou commerciale. Vous disposez aussi d’une certaine autonomie dans l’organisation de votre journée, surtout en libéral.
Mais soyons clairs sur les contraintes. Les séances s’enchaînent souvent sans pause réelle, vous passez beaucoup de temps à rédiger des comptes rendus et des demandes de prise en charge. L’intensité émotionnelle peut être éprouvante : certains patients progressent lentement, d’autres vivent des situations familiales difficiles. Enfin, la gestion d’un cabinet libéral implique des compétences en comptabilité, communication et relation avec les organismes de santé.
Avant de vous lancer, passez quelques jours en immersion dans un cabinet. Observez le rythme, les outils, les interactions. Vous saurez rapidement si cette réalité correspond à ce que vous recherchez.
Études d’orthophonie et reconversion à 40 ans : durée, accès et réalités

Pour devenir orthophoniste, il faut obligatoirement obtenir le diplôme d’État d’orthophoniste, délivré à l’issue d’un cursus spécifique en université. À 40 ans, la principale question porte souvent sur la durée des études et la possibilité concrète de réussir les sélections. Cette partie clarifie le parcours, les prérequis et les points de vigilance pour un projet de reconversion solide.
Combien de temps faut-il pour devenir orthophoniste à 40 ans en France ?
La formation en orthophonie dure cinq ans après le baccalauréat et débouche sur un grade de master. Il n’existe pas de parcours raccourci, même si vous avez déjà une licence ou un master dans un autre domaine. Les cinq années comprennent des cours théoriques en sciences du langage, anatomie, neurologie, psychologie, ainsi que des stages pratiques qui représentent environ 2 000 heures au total.
Concrètement, cela signifie que vous serez étudiant à temps plein jusqu’à vos 45 ans environ. Vous devrez assister aux cours, préparer des examens, rédiger des mémoires et effectuer des stages en cabinet, en hôpital ou en institution. Cette durée est incompressible et il est impossible de suivre la formation en alternance ou à distance pour l’instant.
Cette réalité impose une vraie réflexion sur votre situation personnelle : êtes-vous en mesure de mettre votre carrière actuelle entre parenthèses pendant cinq ans ? Comment allez-vous gérer financièrement cette période ? Ces questions méritent des réponses précises avant de déposer votre candidature.
Modalités d’admission en orthophonie pour adultes en reconversion professionnelle
L’accès aux études d’orthophonie se fait via une sélection très encadrée. Depuis 2020, la plupart des centres de formation utilisent Parcoursup comme porte d’entrée, y compris pour les candidats en reconversion. Vous devez donc créer un dossier sur la plateforme, même si vous avez 40 ans et une expérience professionnelle conséquente.
Chaque école examine votre dossier selon ses propres critères : notes du baccalauréat, parcours post-bac, projet de formation motivé, activités extra-scolaires. Certaines organisent ensuite des épreuves orales pour départager les candidats. Le taux de sélection oscille entre 5% et 15% selon les centres, ce qui signifie une concurrence réelle, même si votre profil de reconversion peut être valorisé.
Pour maximiser vos chances, soignez particulièrement votre projet de formation motivé. Expliquez clairement pourquoi vous quittez votre métier actuel, comment vous avez découvert l’orthophonie, quelles expériences concrètes vous ont conforté dans ce choix. Les jurys apprécient les projets mûrement réfléchis, appuyés sur des observations terrain et une vraie connaissance du métier.
Comment préparer efficacement la sélection quand on a quitté les études depuis longtemps ?
Après plusieurs années loin des bancs de l’université, reprendre les méthodes de travail est un vrai défi. Votre capacité de concentration, vos automatismes d’analyse ou votre vitesse d’écriture ont probablement diminué. Il faut donc vous remettre progressivement en condition avant même de déposer votre candidature.
Plusieurs options s’offrent à vous. Des organismes privés proposent des préparations spécifiques aux concours d’orthophonie, avec des entraînements en français, culture générale, tests psychotechniques et entretiens blancs. Ces préparations coûtent entre 1 500 et 3 000 euros selon la formule choisie. Certaines universités organisent aussi des remises à niveau ou des préparations, parfois accessibles via le CPF.
Au-delà de la préparation formelle, lisez régulièrement la presse, documentez-vous sur les enjeux de santé publique, révisez les bases de grammaire et d’orthographe. Entraînez-vous à rédiger des textes argumentés, à synthétiser des informations. Ces compétences seront utiles bien au-delà de la sélection, car elles constituent le socle du métier d’orthophoniste.
Financer sa reconversion et organiser sa vie pendant les études d’orthophonie
Se reconvertir à 40 ans implique souvent des responsabilités familiales, un crédit à rembourser et la peur de perdre en sécurité financière. La question du financement et de l’organisation concrète des cinq années d’études est donc centrale. Cette partie explore les aides possibles, les options de reconversion professionnelle et les ajustements de vie à prévoir.
Quelles aides et financements envisager pour des études d’orthophonie à 40 ans ?
Plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés selon votre situation. Si vous êtes salarié, le Projet de transition professionnelle (PTP, ex-CIF) vous permet de maintenir votre salaire pendant la formation, sous réserve d’acceptation par les commissions paritaires régionales. Vous devez justifier d’au moins 24 mois d’activité salariée, dont 12 dans votre entreprise actuelle.
Votre Compte Personnel de Formation peut également contribuer au financement, même si le montant accumulé couvre rarement l’intégralité des frais de scolarité qui s’élèvent à environ 600 euros par an en université publique. Si vous êtes demandeur d’emploi, Pôle emploi peut financer tout ou partie de la formation via l’AIF (Aide Individuelle à la Formation) ou maintenir vos allocations pendant les études.
Les conseils régionaux proposent parfois des aides spécifiques aux reconversions dans les métiers en tension. Renseignez-vous auprès de votre région car ces dispositifs varient fortement d’un territoire à l’autre. Enfin, selon vos revenus, vous pouvez prétendre aux bourses du CROUS, notamment si vous avez des enfants à charge.
Un conseil essentiel : prenez rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP) au moins six mois avant votre souhait d’entrée en formation. Ces conseillers, gratuits, vous aideront à construire un plan de financement cohérent et à constituer les dossiers dans les délais impartis.
Gérer la vie de famille et le quotidien pendant une reconversion longue
Cinq ans d’études à 40 ans, c’est aussi cinq ans de vie familiale à réorganiser. Si vous avez des enfants, qui s’occupera d’eux pendant vos cours et vos stages ? Comment gérerez-vous les vacances scolaires qui ne coïncident pas toujours avec les vôtres ? Ces questions très concrètes doivent trouver des réponses pratiques avant de vous lancer.
Beaucoup de reconvertis témoignent de l’importance du soutien du conjoint. Cette reconversion devient un projet de couple, avec une répartition claire des tâches domestiques et éducatives. Certains négocient un temps partiel pour leur conjoint, d’autres s’appuient sur les grands-parents ou mettent en place des systèmes de garde partagée avec d’autres familles.
Anticipez aussi la fatigue. Entre les cours, les révisions, les stages et la vie de famille, vos journées seront bien remplies. Gardez du temps pour vous, maintenez une activité physique régulière, préservez des moments de qualité avec vos proches. La réussite de votre reconversion dépend autant de votre organisation matérielle que de votre équilibre psychologique.
Témoignages et retours d’expérience : ce que disent les reconvertis en orthophonie
Claire, 42 ans, ancienne responsable marketing, raconte : « Les six premiers mois ont été les plus durs. J’avais l’impression d’avoir perdu mon statut social, de redevenir une débutante. Mais très vite, j’ai retrouvé le plaisir d’apprendre, et mes expériences passées m’ont beaucoup aidée pour gérer les relations avec les parents d’élèves pendant mes stages. »
Marc, 44 ans, reconverti après quinze ans dans la comptabilité, insiste sur l’aspect financier : « J’ai dû revoir complètement mon train de vie. Fini les restaurants, les vacances à l’étranger. Mais on s’adapte. Et maintenant que j’exerce, je gagne aussi bien ma vie qu’avant, avec une satisfaction professionnelle incomparable. »
Ces témoignages montrent qu’il faut accepter une période de transition inconfortable, mais que le jeu en vaut la chandelle pour ceux qui ont vraiment envie de donner un nouveau sens à leur vie professionnelle. L’essentiel est d’y aller les yeux ouverts, sans minimiser les difficultés ni surestimer les obstacles.
Construire un projet de reconversion en orthophonie crédible, motivé et durable
Au-delà des aspects techniques d’accès aux études, votre reconversion sera évaluée sur la cohérence de votre projet et votre capacité à tenir dans la durée. Les jurys et formateurs veulent s’assurer que vous savez réellement à quoi vous vous engagez. Cette dernière partie vous aide à structurer votre réflexion, à valoriser votre parcours antérieur et à poser des jalons pour la suite.
Comment valoriser une première carrière pour devenir orthophoniste plus tard ?
Votre expérience professionnelle n’est pas un frein, c’est un atout à condition de savoir l’exploiter. Si vous avez travaillé dans l’enseignement, la petite enfance ou le soin, les liens sont évidents. Mais même des parcours plus éloignés peuvent être valorisés. Un commercial a développé des capacités d’écoute et d’adaptation à différents profils. Un chef de projet sait gérer plusieurs dossiers simultanément et respecter des échéances, compétence précieuse quand on suit quinze patients en parallèle.
Dans votre projet de formation motivé et lors des entretiens, établissez des ponts clairs entre vos compétences acquises et les exigences de l’orthophonie : gestion du stress, capacité à vulgariser des informations complexes, sens de l’organisation, empathie, rigueur dans le suivi. Montrez que vous avez réfléchi à ces transferts de compétences de manière précise, avec des exemples concrets tirés de votre expérience.
Se préparer mentalement aux études et au changement d’identité professionnelle
Redevenir étudiant à 40 ans, c’est accepter un changement de statut social parfois déstabilisant. Vous passerez de professionnel reconnu à apprenant parmi d’autres, souvent bien plus jeunes. Cette situation peut générer de l’inconfort, voire de la frustration quand vous ne comprendrez pas immédiatement certaines notions ou quand vous vous sentirez en décalage avec vos camarades de promotion.
Préparez-vous aussi à l’idée que votre entourage ne comprendra pas toujours votre choix. Certains le trouveront courageux, d’autres irresponsable ou idéaliste. Vous devrez gérer les remarques, les doutes des autres qui viendront parfois nourrir les vôtres. Construisez-vous un réseau de soutien solide : d’autres personnes en reconversion, des orthophonistes déjà installés qui ont vécu ce parcours, des proches qui croient en votre projet.
Cette préparation mentale peut passer par un accompagnement psychologique, un bilan de compétences ou simplement des échanges réguliers avec des professionnels du secteur. L’important est de ne pas vous lancer seul dans cette aventure exigeante.
Mettre en place un plan d’action réaliste pour devenir orthophoniste à 40 ans
Un projet de reconversion réussi commence par une série d’étapes concrètes et progressives. Commencez par contacter des orthophonistes près de chez vous pour passer une journée d’observation. Cette immersion vous donnera une première vision réaliste du métier. Parallèlement, renseignez-vous sur les centres de formation accessibles géographiquement et leurs modalités d’admission.
Réalisez ensuite un bilan financier précis : combien pouvez-vous mobiliser via votre CPF, quel serait votre reste à vivre pendant cinq ans, à quelles aides pouvez-vous prétendre ? Rencontrez un conseiller en évolution professionnelle pour valider la faisabilité de votre projet.
Établissez un calendrier sur douze à dix-huit mois : préparation de la sélection, constitution des dossiers de financement, organisation familiale, éventuellement préavis à poser. Plus votre planning sera structuré, plus vous transformerez ce rêve en trajectoire réaliste.
Devenir orthophoniste à 40 ans n’est ni impossible ni facile. C’est un projet exigeant qui demande une vraie détermination, une organisation rigoureuse et une bonne dose de résilience. Mais pour ceux qui ont cette envie profonde de soigner par le langage et d’accompagner des personnes en difficulté, cette reconversion peut apporter une satisfaction professionnelle rare. Alors, êtes-vous prêt à franchir le cap ?
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