Convention collective métallurgie 2025 : les 18 classes d’emplois et la nouvelle grille SMH expliquées
La réforme de la métallurgie est désormais pleinement opérationnelle. Depuis le 1er janvier 2024, le secteur industriel français a abandonné ses dizaines de textes territoriaux obsolètes pour un régime unique. En 2025, cette transition s’impose à 1,6 million de salariés et des milliers d’entreprises. L’objectif est de simplifier un cadre réglementaire complexe pour offrir une lisibilité totale sur les salaires, la protection sociale et les parcours professionnels.
Employeurs et salariés doivent maîtriser les subtilités de la convention collective nationale de la métallurgie. Que vous soyez cadre au forfait, technicien ou responsable RH, les nouvelles règles de classification et les barèmes de rémunération redéfinissent votre quotidien. Ce guide détaille les mécanismes de la convention en vigueur pour l’année 2025.
La nouvelle classification : 18 classes et 9 groupes
La réforme remplace les anciennes catégories « Ouvriers », « ETAM » ou « Cadres » par une architecture fondée sur l’analyse objective du poste. Cette méthode de cotation repose sur six critères : la complexité, l’autonomie, la coopération, la contribution, la communication et les connaissances.
Une structure de A à I pour hiérarchiser les métiers
Chaque emploi est rattaché à l’un des 9 groupes (lettres A à I) et à l’une des 18 classes (chiffres 1 à 18). Les groupes A à E couvrent les fonctions opérationnelles et techniques, tandis que les groupes F à I concernent la conception, le management et la direction. Cette segmentation facilite la progression et la reconnaissance des compétences.
Le passage à ce système exige une description précise de chaque fiche de poste. Pour le salarié, c’est l’occasion de voir ses responsabilités réelles consignées. Pour l’entreprise, il s’agit d’un outil de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) plus performant. Chaque classe correspond à un seuil de rémunération spécifique, assurant une équité nationale.
L’impact sur le statut cadre
Le statut cadre est désormais lié au franchissement du seuil du groupe F, soit la classe 11. La frontière ne dépend plus de l’intitulé du contrat ou d’une assimilation, mais de la cotation réelle du poste. Un poste classé 11 bénéficie automatiquement des dispositions relatives aux cadres, notamment en matière de prévoyance et de retraite complémentaire.
Grille des salaires minima 2025 : les nouveaux barèmes SMH
Le Salaire Minimum Hiérarchique (SMH) constitue le socle de rémunération en dessous duquel aucun salarié ne peut être payé. En 2025, la grille nationale unique met fin aux disparités départementales.

Comprendre la structure de la rémunération minimale
La grille SMH 2025 est exprimée en montants annuels bruts pour une base de 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures mensuelles. Ces montants sont réajustés par des avenants nationaux pour suivre l’évolution économique.
| Groupe | Classe | SMH Annuel Brut 2025 (Estimation) |
|---|---|---|
| A | 1 | 21 700 € |
| B | 3 | 22 500 € |
| C | 5 | 23 800 € |
| E | 9 | 28 500 € |
| F | 11 (Seuil Cadre) | 33 000 € |
| I | 18 | 68 000 € |
Note : Ces chiffres sont des estimations basées sur les derniers accords de branche. Consultez l’avenant de révision le plus récent pour obtenir les valeurs exactes applicables à votre situation.
Majorations pour forfaits jours et heures
La convention prévoit des spécificités pour les salariés dont le temps de travail n’est pas décompté en heures classiques. Les cadres ou techniciens autonomes en convention de forfait voient leur SMH majoré. Une majoration de 15 % s’applique généralement pour les forfaits en heures sur l’année, et peut atteindre 30 % pour les forfaits jours, pour compenser la flexibilité demandée.
Primes et avantages : évolutions de la fiche de paie
La convention encadre strictement les accessoires de salaire. L’unification nationale a harmonisé les modes de calcul tout en préservant certains acquis historiques via des périodes de transition.
Calcul de la prime d’ancienneté
La prime d’ancienneté repose désormais sur une valeur de point unique et un coefficient lié à la classe d’emploi. Elle récompense la fidélité du salarié à l’entreprise. Si le nouveau calcul s’avère moins favorable que l’ancien système territorial, un complément de maintien est appliqué pour éviter toute baisse de rémunération brute globale.
Cette prime valorise l’expérience acquise au sein de la structure. Elle ne récompense plus seulement le temps passé, mais l’ancrage progressif d’un savoir-faire spécifique au métier de la métallurgie, qui devient plus robuste au fil des années.
Indemnités de panier et d’astreinte
Le travail de nuit ou les astreintes ouvrent droit à des garanties minimales. En 2025, les indemnités de panier sont indexées sur des barèmes nationaux, garantissant une équité sur tout le territoire. Les périodes d’astreinte donnent lieu à une compensation financière ou à un repos compensateur, selon les accords d’entreprise ou les dispositions conventionnelles par défaut.
Protection sociale et garanties complémentaires
La réforme instaure un socle de protection sociale complémentaire (santé et prévoyance) de haut niveau pour tous les salariés de la branche, sécurisant le parcours professionnel en cas de changement d’entreprise.
Panier de soins minimal
Toutes les entreprises doivent proposer une mutuelle respectant des garanties minimales nationales. Celles-ci couvrent les frais d’hospitalisation, d’optique, de dentaire et de médecine courante. L’employeur prend en charge au moins 50 % de la cotisation du régime de base.
Prévoyance : sécurité face aux risques industriels
Le régime de prévoyance est essentiel dans les métiers industriels exposés aux risques d’accidents ou de maladies professionnelles. La convention impose des garanties en cas d’incapacité temporaire, d’invalidité ou de décès. Pour les cadres, des dispositions spécifiques garantissent un versement de cotisations minimales par l’employeur pour la couverture décès.
Consulter et appliquer le texte officiel en 2025
Le texte de référence est la Convention Collective Nationale de la Métallurgie du 7 février 2022, étendue par arrêté ministériel (IDCC 3248).
Sources d’information
- Légifrance : Le site officiel permet de consulter la version consolidée du texte et les derniers avenants de salaires.
- L’UIMM : L’organisation patronale propose des guides pratiques et des fiches thématiques pour la mise en œuvre des règles.
- Organisations syndicales : CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et CFTC accompagnent les salariés dans la vérification de leur classification ou de leur bulletin de paie.
Rôle de l’accord d’entreprise
La convention nationale définit des garanties minimales. Un accord d’entreprise peut proposer des dispositions plus favorables, comme des primes supplémentaires ou des congés étendus. La négociation en entreprise est encouragée en 2025. Si votre entreprise dispose d’un accord spécifique, celui-ci prévaut, à condition de respecter les seuils de la convention nationale.
La convention collective métallurgie 2025 stabilise un cadre moderne et unifié. Pour le salarié, elle apporte une meilleure reconnaissance du métier réel ; pour l’employeur, elle offre une gestion RH plus cohérente. Une vérification annuelle de votre classification et de votre positionnement par rapport à la grille SMH est la meilleure pratique pour garantir l’application de vos droits.
- Convention collective métallurgie 2025 : les 18 classes d’emplois et la nouvelle grille SMH expliquées - 22 juin 2026
- Jours fériés et congés payés : comment éviter les erreurs de décompte - 22 juin 2026
- Arrêt de travail transmis hors délai : 3 risques majeurs et recours pour le salarié - 21 juin 2026